30.12.2007

Galilée, Giordano, Bellarmin et l'Eglise

bf96adbee7fd4fd82dfc6d087355ccaa.jpgEn 1600, le Cardinal Bellarmin, futur accusateur de Galilée, dirige l'accusation contre Giordano Bruno et obtient sa condamnation à mort comme hérétique obstiné et impénitent. 329 ans plus tard, en 1929, le bon Pape Pie XI le canonise et demande à Mussolini que la statue de Giordano Bruno soit abattue. Mussolini, dont un fils se prénomme Bruno, refuse. Un an plus tard, le Saint Cardinal obtient une promotion posthume au titre de Docteur de l'Eglise. Cela se comprend quand on sait que l'Eglise catholique n'a réhabilité Galilée que partiellement, et ceci plus de 60 ans après la canonisation de Bellarmin, et elle n'a jamais exprimé le moindre regret concernant Giordano Bruno: au contraire, le Saint Siège a répété officiellement ne rien regretter en la matière dans un document officiel en février 2000. Quoique jusqu'à aujourd'hui, l'affaire Galileo Galilei du point de vue catholique n'est pas très claire. 

29.12.2007

Les franquistes sont des martyrs

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Pour l'Eglise Catholique aujourd'hui, les catholiques morts en combattant en Espagne du côté des Franquistes entre 1935 et 1939 sont des croisés et des martyrs. La pape précédant, Jean-Paul II, en a béatifié plusieurs dizaines, dont des prêtres qui ont subi le martyr pour avoir dénoncé des communistes à la phalange qui les a fusillés. Le Pape proclama officiellement martyr toute personne tuée par les républicains en 1937 déjà. La hiérarchie de l'Eglise définit la guerre comme une croisade, et se réjouit des exécutions de prisonniers car au moment de l'exécution, l'exécuté se réconcilie avec Dieu. Entre martyrs catholiques et communistes réconciliés avec leur créateur au moment de l'exécution, la guerre civile Espagnole a littéralement envoyé des foules vers le paradis, Dieu en soit loué.

27.12.2007

Jésus gourou

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Dans l’Evangile de Matthieu, Jésus se pose comme un gourou, dans le sens moderne du terme, celui de la lutte contre les sectes. Les gourous sont des personnes qui seraient seules détentrices d’une vérité absolue qui leur permettraient d’exercer un pouvoir totalitaire sur les membres de leur secte.

 

Un jour, longeant la mer de Galilée, Jésus vit deux frères qui y jetaient leur filets. L’un était Simon, appelé Pierre ; l’autre André, son frère. Tous deux pêcheurs ? Et Jésus : Venez. Suivez-moi, je vous ferai pêcheurs d’hommes. Abandonnant leurs filets, ils le suivent aussitôt.

A quelques pas de là, Jésus vit deux autres frères dans une barque. L’un s’appelait Jacques, fils de Zébédée, et l’autre était Jean, son frère. Avec leur père, Zébédée, ils arrangeaient leurs filets. Jésus les appela sur-le-champ, ils laissent barque et père pour le suivre.

 

Le Jésus que nous propose ici le narrateur est le type même du gourou manipulant des êtres faibles, abandonnant famille et travail par crédulité.

26.12.2007

Saint Pedro Arbuès, martyr

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Saint Pedro - Dieu le bénisse - était l'inquisiteur d'Aragon, un homme pieux entièrement dévoué à l'Amour de Dieu. Ceux qui lui donnèrent le martyr furent probablement des juifs ou des juifs convertis, qu'il persécutait inlassablement - par amour, bien sûr, comme l'a expliqué Saint Augustin, l'Eglise persécute par amour. Mais l'inquistion vengea sa mort: dès décembre 1485, et jusqu'en 1492, l'on exécuta des coupables de la grande conjuration contre Saint Pedro. Les peines pour les tueurs qui avaient avoué sous la torture furent sévères: l'un d'eux eut les deux mains tranchées et clouées au portail du palais des députés, puis fut décapité. Son corps fut ensuite écartelé, et les morceaux de son corps pendus le long des rues de la ville pour servir d'exemple.

Le pieux Pedro Arbuès fut béatifié par Alexandre VII en 1664, puis canonisé par le pape Pie IX le 29 juin 1867.

Les bons et les mauvais

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Le Dieu des chrétiens n’est pas qu’Amour comme on l’entend si souvent. De même qu’en Islam ou dans le judaïsme. Il est aussi un Dieu de colère. Un Dieu qui fera la différence, de manière violente, entre ceux qu’il considère comme « les bons » et « les mauvais ».

 

Dans la foule venue pour ces immersions se trouvaient bon nombre de Séparés (ces fameux pharisiens) et de sadducéens. Jean les invectiva :

Race de vipères, qui vous a appris à fuir la colère qui gronde ?

[…]

La hache attend au pied de l’arbre. L’arbre sans bon fruit sera abattu et brûlé.

 

Et Jésus serait donc envoyé pour permettre de clarifier, et encore une fois, souligner ces différences :

 

Lui vous plongera dans le souffle saint et dans le feu. Il s’avance, un crible à la main, pour faire place nette. Le blé, il l’engrange avec soin ; mais la paille est jetée dans le feu qui ne s’éteint pas.

 

Il est évident que dans le christianisme, à l’inverse de ce que chantait l’autre, nous n’irons pas tous au paradis.

Il y a les bons et les mauvais.

L'initiateur du protestantisme et les juifs

Sachez, mes chers chrétiens, que, après le diable, vous n'avez point plus venimeux, plus véhément et plus ennemi qu'un véritable juif qui désire sincèrement être un juif...

...Brûler leurs synagogues, écoles, enterrer et couvrez avec de la saleté tout ce qui ne brûle pas.

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 Sacré Martin Luther (l'initiateur du protestantisme). Il a sans doute trop lu Saint Paul !

25.12.2007

Le Saint Siège en mission sacré

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En été 1941, Le Saint Siège demanda officiellement au commandant en chef de la Wehrmacht, M. Adolf Hitler, la permission d'envoyer des missionnaires convertir au catholicisme les orthodoxes qui vivent dans les terres occupées par l'armée allemande. Heureusement pour les catholiques, Hitler refusa.

21.12.2007

Le roi des juifs

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Et bien oui, Matthieu, ou on ne sait qui, l'affirme sans ambage par la voix d'astrologues venus d'Orient, Jésus est le roi des juifs, et ce malgrè eux :

Où est le nouveau né, roi des juifs ?

Hormis cette histoire de mages si célèbres dans l'imaginaire et que l'on ne retrouve par ailleurs que dans cet évangile parmi les synoptiques, les juifs, sans même le décider eux-mêmes, ont un roi. Il s'agit de ce fameux messie qu'ils attendent pour les libérer. Mais enfin, il semble que nombre de juifs l'attendent encore, ce messie, ne reconnaissant pas ainsi Jésus comme tel ! Alors les chrétiens, tout au long de l'Histoire, et même aujourd'hui tiens, qu'est ce qu'ils en pensent des juifs ?

Le concile du Vatican II a beau venir tard, et mieux vaut tard que jamais bien sûr, lorsque nous lisons les évangiles, nous ne pouvons que nous poser des questions. Et pourtant, c'est clair :

Et toi Bethléem, terre de Juda,

Tu n'es pas la moindre des capitales de Juda,

car tu donneras à mon peuple Israël son berger,

celui qui le gouvernera.

 

Non content d'avoir été longtemps considérés comme des déicides, les juifs sont-ils des hérétiques ?

12.12.2007

Les juifs sont des égarés

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Joseph, fils de David, garde sans crainte Marie pour épouse, car la vie qui est en elle vient du souffle saint. Elle mettra au monde un fils. Tu lui donneras le nom de Jésus, et il libérera son peuple égaré. (Matthieu 1,21)

 

Voici une antienne qui se retrouve tout au long du Nouveau Testament et qui débute ici dès l'Evangile de Matthieu : le peuple des juifs est un peuple égaré. Leitmotiv à l'écho terrible lorsque, nous le verrons plus tard, Jésus nous dit : Qui n'est pas avec moi est contre moi.

C'est ici que prend racine les persécutions commises envers les juifs dans le passé et encore, de manière inconsciente, aujourd'hui.

10.12.2007

L'Evangile de Matthieu : sources douteuses

ab378334ed1d7418890aaa1daa00b823.jpgOn pensait que c'était le "véritable" premier évangile écrit dans l'histoire du christianisme. Il était attribué à Saint Matthieu.

Aujourd'hui, les spécialistes sont persuadés que ce texte ne fut écrit qu'entre 80 et 85 ap. J. -C. par un illustre inconnu, sans doute un scribe originaire de Syrie qui disposait de deux grandes sources : l'Evangile de Saint Marc et une compilation de paroles attribuées à Jésus. Il se sert aussi de traditions qu'il est le seul à rapporter, comme celle de la venue des Rois Mages auprès de l'Enfant Roi. Il fait souvent un assemblage par thèmes, brisant l'ordonnance originelle de ses documents.

 

A l'époque de la rédaction de ce texte, l'identité juive se précise. Jérusalem est alors dévasté, et son Temple détruit. Des scribes judéens commencent à se réunir dans la région de Jamnia, sur la côte méditérranéenne, et de leurs rencontres naît ce qui va devenir le judaïsme rabbinique. Le canon de la Bible juive commence alors à trouver sa forme.

Ceux qui, parmi les chrétiens, se réclament de la filiation d'Abraham commencent à se rendre compte, peut-être à cause de certaines pressions, qu'ils ne sont plus considérés comme les authentiques descendants du patriarche. Leur exclusion ne touche pas seulement aux assemblées, elle implique aussi rupture des liens familiaux ou communautaires, perte d'emploi...

C'est dire que l'auteur, en se servant de traditions qu'il retravaille savamment, fait prononcer au Galiléen des paroles que, croit-il, le ressuscité des années 80 veut voir adresser à sa communauté d'Antioche.

Ainsi cet évangile serait parfaitement politique, identitaire, dans l'idée de créer une Tradition authentique, d'où ces premiers versets plaçant Jésus dans une généalogie sacrée :

 

Livre des origines de Jésus, christ , fils de David, fils d'Abraham.

Abraham engendra Isaac

Et Isaac, Jacob

et Jacob...